Castres: Risque de blocus suite au désaccord forains-maire | Infos locales

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Une menace de blocus dans l'air de la ville de Castres impliquant les forains et la municipalité, suite au projet de déménagement...La ville va-t-elle subir un blocus partiel, voire complet, de ses

entrées et sorties ? Hier mardi soir, on semblait en tout cas bien parti pour, tant le bras de fer engagé entre le maire Pascal Bugis (divers droite) et les professionnels de la fête foraine paraissait bloqué. Personne ne veut lâcher prise. Et le dialogue n'est même plus celui de sourds, puisque les deux parties ne se parlent plus. Pourtant, à une encablure de l'ouverture de la traditionnelle fête foraine de juin à Castres - samedi 4 juin - les derniers points d'achoppement liés à un déménagement tendu des manèges et attractions du jardin du Mail au parking de la salle Gérard-Philipe semblaient être levés. Peu ou prou dans la douceur côté mairie : «Aucuns travaux n'ont été effectués dans le jardin du Mail, site habituel de la fête ; il a juste été bien à propos labouré», faisaient observer les forains dans un communiqué dès leur arrivée dimanche dernier. Communiqué qui annonçait : «Les forains espèrent maintenant que M. le Maire va faire un geste pour les recevoir afin de dialoguer.» Il y avait donc sous une certaine rancœur, mise sous éteignoir par les artisans, comme une chaleur de braises… que les averses parfois violentes d'hier n'ont en rien étouffée. Bien au contraire ! Dès 9 h 30, au cours d'une opération escargot, les camions des forains ont entamé un tour bruyant de l'Écusson pour signifier ce qui était devenu une exigence : rencontrer le maire ! «On accepte le déplacement sur le parking Gérard-Philipe, même s'il n'était pas nécessaire, indiquait Louis Fayard. Par contre, on veut que le maire nous reçoive. Ces deux dernières années, on s'est déplacé de Perpignan, d'Aix en Provence, ou de plus loin encore, pour participer à des réunions où ce monsieur n'a jamais daigné être présent. On lui a même proposé de couper le ruban d'inauguration samedi prochain. Il refuse. D'ailleurs, depuis le début de ses mandats, le maire n'est jamais venu à l'invitation au vin d'honneur offert par les forains chaque année à l'ouverture de la fête ! On ne comprend pas ce mépris. Nous sommes des commerçants à part entière…» Ayant reçu une nouvelle fin de non-recevoir du maire, vers 12 heures, sous une pluie battante, un barrage très filtrant s'installait boulevard De-Gaulle. La menace d'un blocus total de la ville était clairement avancée, avec le soutien de dizaines de forains venus de toute la France. D'ailleurs, autant en «éclaireurs» qu'en négociateurs de la dernière chance d'apaisement, deux délégués d'organisations syndicales (Snif et Cidunati) sont arrivés sur la ville dès le début d'après-midi. Dans un premier temps, leur mission sera, ce matin, de déposer symboliquement un préavis de grève en sous-préfecture ! Dans l'attente, comme une veillée de «guerre», les forains ont passé tranquillement la nuit au parc des expositions qu'ils ont rejoint à la queue leu leu vers 17 heures au cours d'un nouveau tour de manège bruyant !

Côté maire, ce dernier s'explique: «Voilà des années que l'on discute du déplacement de la fête foraine, décrit le maire. On a expliqué aux forains que, à notre sens, la tenue de la fête dans le jardin du Mail n'était pas très adaptée. On le leur a expliqué de manière plus précise depuis notre réélection en 2014. ça fait 2 ans qu'on les reçoit… Certes, pas moi, personnellement. Je sais que cela fait partie de leurs griefs. Il y a des élus chargés de la question, en particulier M. Picouza, qui a tenu plusieurs réunions, d'abord pour leur faire admettre le principe du déplacement et ensuite pour en définir les modalités. On a abandonné la solution parc des expositions pour le parking salle Gérard-Philipe.» Et le maire de souligner : «On a eu droit à toutes les menaces. On a essayé de maintenir le dialogue. J'ai eu au téléphone des représentants, j'ai reçu émissaires non officiels mais a priori représentatifs. J'avais même reçu un courrier d'un représentant national. Je pensais que tout était réglé… Les aménagements du site ont coûté quelque 80 000 €. Et, tout ce qu'ils ont demandé, on l'a fait, sauf un feu d'artifice. Et là, de nouveau, ce sont des menaces.» Et Pascal Bugis d'insister : «Personnellement, que ce soit clair, je n'irai pas à la fête foraine. De même pour le fait que je ne veux pas les recevoir : je ne goûte pas la manière qu'ils ont de faire pression sur les élus. L'année de mon élection, j'ai été à la fête ; je me suis fait mon opinion. Bon voilà…»

Source la dépêche.fr